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Manuela PARRA


Lettres aux Absentes
Correspondances imaginaires de femmes en résistance

Voici un ouvrage très émouvant qui donne la parole à plusieurs femmes qui ont vécu l’emprisonnement, la torture, les camps de concentration ou la mort. Manuela Parra a imaginé les lettres qu’elles auraient pu écrire de leurs lieux de détention et elle leur répond actuellement.

Manuela Parra précise dans l’introduction : « Lettres aux Absentes est une fiction épistolaire. Elle s’inspire de lectures et de témoignages qui m’ont fait découvrir la vie de nombreuses femmes Résistantes qu’évoquent les personnages d’Inès, Juliette et Louise.
Antonia, Matilde Amparo… sont des Espagnoles qui ont réellement existé. Cependant, j’ai romancé leurs émotions pour donner un souffle plus vivant à leurs voix devenues silencieuses. »

Inès écrit de Ravensbrück en 1943. « J’ai le sentiment de me dissoudre, de me perdre au loin, de perdre de vue cette femme que j’étais autrefois bousculant son sac à main à la recherche de son tube de rouge à lèvres, rouge vif crémeux comme du beurre, à présent une image devenue trouble. Je la retiens, je la colle à ma pupille et à mon souffle pour rythmer le peu de vie que je garde enfouie dans ma "chien-vie". » Manuela répond à Inès de Balaruc-le-Vieux en 2019.
Plusieurs échanges de lettres nous permettent de mieux cerner la personnalité d’Inès puis ensuite celle de Juliette qui écrit, elle aussi, de Ravensbrück.

« L'histoire des Treize Roses révèle la violence des représailles qui secouera l'Espagne dès la fin de la guerre en mars 1939. Ces jeunes militantes des Jeunesses Socialistes Unifiées, dont neuf étaient mineures, incarneront le mythe de la répression en Espagne après-guerre. Elles seront exécutées à Madrid pour un attentat qu'elles n'avaient pas commis puisqu'elles étaient déjà emprisonnées quand il s'est déroulé. La quatorzième, Antonia, condamnée au même procès, et fusillée quelques mois après, sera oubliée. »

Manuela répond à la quatorzième Rose en 2024 :
« Antonia, je te découvre au hasard des pages jaunies d’un livre d’occasion. Quinze lignes laconiques écrites par un écrivain espagnol (Carlos Fonseca). Je les lis :
Torres Llera Antonia. Dix-huit ans. Militait dans les Jeunesses socialistes unifiées depuis octobre 1936, et à la fin de la guerre s’engagea dans le secteur de Chamartin de la Rosa. Elle fut la Rose numéro quatorze.
Elle ne fut pas fusillée car ils confondirent son nom dans l’ordre d’exécution Antonio au lieu d’Antonia, même si ceci ne lui sauva pas la vie. Elle fut fusillée le 19 février 1940. 
»

C’est un recueil essentiel pour ne pas oublier ces femmes qui ont vécu pour défendre la liberté pour toutes et tous en s’engageant contre le fascisme et le nazisme.

Ces lettres imaginaires créées par Manuela Parra tout en délicatesse, déployant une palette d’émotions, honorent ces femmes courageuses qui sont trop souvent invisibles. Dans le monde d’aujourd’hui où la violence, le racisme, l’antisémitisme, les idées d’extrême droite remontent chaque jour un peu plus, il est nécessaire de continuer à dire non à ces relents nauséabonds.

Brigitte Aubonnet 
(16/04/26)      



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Chèvre-Feuille étoilée

(Janvier 2026)
120 pages - 19 €

Version numérique
11 €







Manuela Parra est poète, nouvelliste, romancière, conférencière et graveuse.

Bio-bibliographie sur
le site de l’éditeur



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de Manuela Parra :

Des frontières
et des femmes