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Pierre POUCHAIRET


Larmes de fond


Ça a commencé par la rencontre d’un client
à qui il a vendu un serveur destiné à abriter
un site un peu spécial que, par pudeur, Yvonnick
n’a jamais osé qualifier de facho, bien que
les idées véhiculées y soient nauséabondes.

 

                « Brest.
                Dimanche matin. Réveil. L’impression qu’une boule de pétanque s’est logée dans son crâne et cherche à en sortir. Seule, tournant dans tous les sens à la  recherche d’un sommeil qui ne reviendra plus, elle essaie vainement de ne pas penser, avant d’en arriver à la conclusion habituelle : "Quelle vie de merde !" Elle n’a pas pourtant grande envie d’en changer. » Léanne Vallauri est commandant divisionnaire à la PJ de Rennes.

                 Jean de Frécourt, « termine son verre de bourgogne pouilly vinzelles, un bon choix pour accompagner le tataki de thon mi cuit, croûte de sésame et lentilles qu’il a dégusté à la Brasserie de l’Épée, où il a ses habitudes. Il aime cet endroit chargé d’histoire. Fréquenter un lieu où sont passées quelques têtes couronnées, ainsi que Clémenceau et de Gaulle, lui paraît de bon aloi. »
Et voilà que cet ancien haut fonctionnaire, soupçonné de trafics, semble avoir été enlevé.
Léanne est « aux écoutes » et sur le terrain…  très risqué.

                À l’antenne niçoise de la police judiciaire de Marseille, la sœur de Léanne, Johanna, prend ses fonctions.  « Habillée en tailleur strict et collant, elle passe pour une jolie fille, c’est tout au moins ce que lui disent les regards masculins. Ils ne savent pas ce que cache le tissu. Personne ne se doute de son envie de pleurer chaque matin lorsqu’elle se regarde dans le miroir de sa salle de bains. Comme chaque fois qu’elle se trouve confrontée à son image, que ça dure une seconde, une minute ou plus, ses pensées la ramènent en arrière, à son accident et à ses terribles blessures. »
Et voilà, qu’à trois pas du commissariat, Matteoli, lui aussi un ancien haut fonctionnaire de la police puisqu’il a le grade « d’inspecteur général de la police nationale », le plus haut qui existe, sans que personne ne sache ce qu’il faisait exactement, est assassiné.

                Chaque enquêtrice suit sa piste, à Nice et à Brest, et nous voyons passer les ombres du SAC, d’Honneur de la Police et des autonomes, comme si ces clandestins étaient toujours là. En tous cas les idées « nauséabondes » de l’extrême droite sont bien présentes dans notre société.

                 Ces policières sont des personnages récurrents et le roman comme une suite à Tuez-les tous ! Mais le roman se lit très bien sans connaître les précédents.
                Ce qui est remarquable chez Pierre Pouchairet, c’est d’une part sa qualité d’écriture, comme à son habitude, et d’autre part, outre l’intérêt des personnages, son réalisme dans l’intrigue. Point de rebondissements sortis de nulle part, cet ancien policier connait le métier, aussi les enquêtes sont faites de patience (comme les écoutes, les rapports avec les indics,…) et de moments tendus, périlleux. Cela donne un rythme et on a le sentiment d’y être.

                Larmes de fond est un roman qu’on lit avec un double plaisir, pour la langue, et pour les intrigues si passionnantes qu’on ne peut le laisser tomber un instant !

Mochel Lansade 
(02/12/20)    



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Noir & polar








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(Septembre 2020)
416 pages - 18










Pierre Pouchairet

Bio-bibliographie sur
le site de l'auteur :
http://pierre
pouchairet.com








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