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Gilles ABIER


Comme ton père

« T’es bien comme ton père, tiens ! ». Cette phrase n’est pas anodine pour Loris, 17 ans, à qui sa mère depuis son enfance répète qu’il a été « conçu un soir de fête avec un type qu'elle ne connaissait pas et qu'elle n'a jamais revu depuis ».

Cette phrase est arrivée à la suite d’un incident au lycée lors d’une altercation avec une fille de sa classe. Il s’est montré brutal et son acte a tout de suite été qualifié d’agression sexuelle. Dans le bureau de la proviseure, sa mère, sous le coup de la honte a laissé échapper cette phrase – « T’es bien comme ton père, tiens ! » – qui laisse penser à Loris qu’elle en sait plus sur son père que ce qu’elle lui a dit.

Mais cette phrase, si elle a ouvert une brèche dans un mur de silence, n’offre pas de grandes perspectives. « Même après avoir craqué dans le bureau de la proviseure, ma mère ne dirait rien de plus. Elle avait tenu jusque-là. Elle tiendrait bien au-delà. »

Loris est exclu du lycée pendant trois jours, un temps qu’il va mettre à profit pour essayer de retrouver celui dont sa mère vient enfin de dire quelque chose après toutes ces années de silence total.

Il a beau chercher dans les papiers de sa mère, fouiller tous les tiroirs, ouvrir tous les dossiers, il ne trouve rien qui puisse lui donner l’embryon d’une piste à suivre.

Seul un souvenir personnel lui revient en mémoire qui pourrait peut-être lui indiquer une direction : la boulangerie où a travaillé sa grand-mère. « Je n'y étais jamais retourné depuis qu'elle y était morte. Arrêt cardiaque devant un client qui lui payait sa tradition. Elle avait cinquante ans. Moi, dix. Ils savaient peut-être des choses sur nous. Sur notre trio familial. »
« J'ai accéléré le pas en convoquant le plaisir que j'avais à venir chercher Mamina à la sortie de son travail. Je ne lui disais jamais quand j'avais prévu de passer. Et j'adorais le sourire qu'elle m'adressait quand elle me voyait surgir à l'improviste en lui lançant un bonsoir énergique. J'étais son dernier client préféré ! »

Pas de chance, la boulangerie a changé de propriétaire. Heureusement, le nouveau a l’adresse de l’ancien et Loris arrive à retrouver le patron de sa grand-mère. Il obtient là une information importante. L’homme raconte que son employée, un jour, s’est effondrée en larmes. Ne sachant comment réagir, il l’a juste écoutée et se souvient très précisément de ce qu’elle lui a révélé. Nous n’en dirons pas plus mais c’est sur la base de ce court récit que Loris décide dans l’instant même de prendre un train pour Grenoble où sa mère habitait avant sa naissance.

Sur place, il ne va pas ménager sa peine pour mener son enquête et l’histoire qu’il va découvrir est très différente de celle qu’il attendait. Entre mensonges et secrets, la vérité est loin des apparences et Loris, au fil de plusieurs rebondissements, va mieux comprendre les silences de sa mère.

Le personnage de Loris est très intéressant. Ce garçon de dix-sept ans qui mesure 1,90 m, très impulsif, capable de casser un banc sous le coup de la colère et de prendre un train pour Grenoble sur une vague information suscite tout de suite la curiosité et l’intérêt du lecteur.
Son récit à la première personne permet de partager au plus près ce qu’il ressent, ses espoirs et ses doutes, son besoin viscéral de connaître le secret de sa naissance. Son obstination et sa détermination seront récompensées pour le plus grand plaisir du lecteur…

Serge Cabrol 
(30/09/21)    



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Jeunesse







In8

collection Faction
(Septembe 2021)
136 pages - 8,90







Gilles Abier
a déjà publié une trentaine de livres pour la jeunesse.


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https://gilles-abier.fr/






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