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Jørn Lier HORST


Le disparu de Larvik


Voici donc le quatrième roman de cet auteur et si pour certaines lectrices et lecteurs les deux personnages principaux, l’inspecteur Wisting, le policier, et sa fille, Line, journaliste, sont à présent bien connus, il va être intéressant de vérifier si la rencontre de leurs talents personnels, fonctionnera encore. Car Line Wisting dans ses investigations de journaliste, avait, au cours des précédentes affaires, pu découvrir des éléments susceptibles d’enrichir ou même de préciser certains aspects concernant les enquêtes de son père.

Lorsque ce roman commence, Line Wisting est en congé maternité et en profite pour aménager la maison qu’elle vient d’acheter, dans la rue même où habite son père. Au bord de la mer. Son travail de journaliste étant en pause.

Line retrouve alors une ancienne camarade d’école, Sofie, qui vient elle aussi d’emménager, avec son bébé, Maya, dans la maison qu’elle vient d’hériter de son grand-père, Frank Mandt.
« Line savait qui était son grand-père. Comme la plupart des gens de Stavern ». Les deux jeunes femmes à présent voisines, vont se lier davantage. Line, bien qu’occupée par ses travaux d’aménagement, s’intéresse à cette histoire et à l’héritage laissé par le fameux personnage, comme au contenu d’un coffre, trouvé fermé, dans le sous-sol de la maison de  Sofie. Plus la relation amicale entre les deux jeunes femmes se tisse, plus le temps qu’elles passent ensemble leur permet de découvrir certaines caractéristiques de ce célèbre grand-père
Et puis, l’affaire Hummel ressort : « Jens Hummel était chauffeur de taxi. Il avait disparu avec sa voiture la nuit du 5 janvier. La dernière personne à l’avoir vu était un client qu’il avait laissé au "Grand Hotell de Storgata" à Larvik, à 1h23 du matin. Cela faisait plus de six mois. L’affaire restait un mystère complet. » Alors que le père de Line était toujours préoccupé par la disparition de cet homme.

Dans un premier temps le taxi de Jens Hummel est retrouvé dans une grange. « Il fallait organiser une fouille. Jens Hummel n’étant pas dans le taxi, il était peu probable qu’il soit ailleurs dans la grange, mais la ferme serait le point de départ des recherches. » Wisting apprend aussi que l’ensemble de la propriété était loué à un certain Frank Mandt qui « s’est tué en tombant dans son escalier l’hiver dernier ».

Quel lien peut-il y avoir entre Jens Hummel le disparu, et Frank Mandt et sa maison ?
C’est là que nous allons encore profiter de la sagacité de ce policier qui, avec son équipe fidèle, vérifie avec méthode et précision toutes les pistes, tous les recoupements possibles, faisant alors participer lectrices et lecteurs à son raisonnement, et aussi à ses interrogations, et ce sans nous priver d’aucun des ressorts, raccourcis et même coups du hasard, qui vont composer et stimuler son enquête. Car il sait bien nous faire bénéficier de ses réflexions ou observations au bon moment : « En trente-deux ans, la criminalité s’était transformée. L’attitude générale aussi. Globalement, par le passé, les gens venaient toujours relater à la police ce qu’ils avaient vu et entendu. Désormais la police se heurtait de plus en plus fréquemment à un mur de silence, même quand les renseignements qu’elle recherchait étaient largement en périphérie d’un crime. La peur avait pris le dessus. »

Vient alors se greffer le procès de Dan Roger Brodin. Le chef de la police met en garde Wasting qui semble avoir des doutes quant à la culpabilité de Brodin : « Leur enquête est terminée, et c’est un exemple de travail rapide, efficace et de qualité. N’allez pas parasiter l’affaire. » Ce meurtre dit « le meurtre du nouvel an » avait été apparemment très vite élucidé par une équipe.

Lorsque Line, qui n’a pas renoncé à sa curiosité professionnelle, découvre que « l’arme qui avait privé Jens Hummel de ses jours était celle qui avait été utilisée dans le meurtre du nouvel an », elle ne tarde pas à se demander si les deux affaires ne pourraient pas être liées…

Wisting continue patiemment et méthodiquement son travail de chercheur et sa remise en question de ce qui semblerait satisfaisant, afin de ne pas se contenter des apparences. Ce qui n’est pas pour nous déplaire puisque nous sommes toujours témoins de toutes les investigations, marginales ou non, et que justement le talent de cet écrivain consiste à faire partager à ses lectrices et lecteurs le déroulement d’une enquête, allers-retours compris.

C’est là justement que se situe le talent particulier de Jørn Lier Horst : rien n’est inutile, il n’y a aucune redondance ni répétition. La construction du suspense, comme dans ses autres romans, est ici aussi très subtile. La vie des protagonistes, les explications et approches des personnages et des membres de l’équipe aussi. Ce qui contribue à l’aspect réaliste et humain des enquêtes.
Et, en conséquence, toujours ce plaisir de lecture… en attendant le prochain roman !

Anne-Marie Boisson 
(25/05/21)    



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Noir & polar








Gallimard Série Noire

(Juin 2020)
480 pages - 20



Folio Policier

(Mai 2021)
480 pages - 9,20


Traduit du norvégien par
Céline Romand-Monnier









Jørn Lier Horst,
né en 1970 en Norvège,
a publié une douzaine de volumes de la série William Wisting et une trentaine de livres pour la jeunesse. Le disparu de Larvik est son quatrième roman traduit en français.


Bio-bibliographie sur
Wikipédia








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