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Cynan JONES


Iceberg



Pensez-y. Il y a des siècles, la ville était pleine de ruisseaux et de rivières.
Mais ils les ont couverts avec des tunnels et ont construits des maisons dessus.

Le lecteur avance un peu en tâtonnant dans les courts chapitres qui se succèdent, portant tous un titre, ce qui permet un bon repérage dans l’avancée du récit.
Puis petit à petit il reconstruit ce qui se passe, il tisse les liens entre les différents personnages.

Celui qui est chargé de la sécurité du convoi qui amène un iceberg dans une ville où il n’y a plus d’eau. Il est chargé de tirer sur tous ceux qui approchent du convoi. Sa femme est mourante à l’hôpital, il n’a plus de raison de vivre. Il obéit et tire sur un enfant.

Le narrateur, ouvrier sur l’immense chantier qui va collecter l’eau de l’iceberg, est venu de loin, depuis des années, et n’a fait venir ni sa femme, ni ses enfants mais vit avec une autre femme et sa petite fille, toutes deux faisant partie des futurs expropriés et vendant des fleurs en papier pour survivre sur les berges du fleuve asséché.

Ruth est infirmière à l’hôpital et mariée à Colin, journaliste qui aimerait en savoir plus sur les conséquences de la venue de l’iceberg et les expropriations et destructions des habitations situées sur le terrain consacré à recueillir l’eau du glacier. Il va essayer d’avoir des explications à la réunion municipale où se rend justement Léo, le frère de Ruth, qui, comme David, leur père, ancien ingénieur, approuve et participe à l’opération scientifique.

Tout le monde dans la ville attend aussi anxieusement le départ et le déroulement de l’immense manifestation qui se prépare contre les expulsions bien plus nombreuses qu’annoncées au démarrage du projet.

Petit à petit, comme le stillicide, titre original du roman et qui veut dire « l’eau qui tombe goutte à goutte de façon continue », on comprend que cette dystopie faite de coercitions armées, de manifestations de colère impuissante, de réflexions scientifiques contradictoires sur la pénurie de l’eau, est déjà notre angoissant présent.

Sylvie Lansade 
(02/01/25)    



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Lectures









Joëlle Losfeld
(Mai 2019)
104 pages - 11,50 €


Traduction de l'anglais
(Pays de Galles)
Mona de Pracontal





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