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Fawaz HUSSAIN
Par le souffle de Sayat-Nova
Voyage en Arménie et en Géorgie
Livre après livre, Fawaz Hussain convie ses lecteurs à la découverte de terres et de cultures souvent méconnues. Qu’il s’agisse de sa Mésopotamie natale, de son Kurdistan syrien ou des espaces intérieurs de son exil, il réserve à ses lectrices et ses lecteurs de beaux voyages à travers les pages.
Il place au centre de son dernier opus le troubadour Sayat-Nova, figure majeure de la poésie arménienne, né à Tiflis en Géorgie en 1712 et mort en Haghpat en Arménie en 1795. Il écrivit en arménien, en géorgien et en azéri. Ses traducteurs en français Élisabeth Mouradian et Serge Venturini soulignent que « trois siècles après son œuvre, celui qui écrivit en plusieurs langues demeure toujours un pont entre les peuples du Caucase, où il est toujours chanté et aimé de tous ».
Par le souffle de Sayat-Nova n’est pas une biographie. L’auteur narre ici son propre « voyage en Arménie et en Géorgie » en quête des traces de Sayat-Nova. Il y entrecroise son expérience en plein 21e siècle, avec les bribes d’un passé qu’il cherche avec passion. Puisant aussi dans des références cinématographiques, il nous parle de La couleur de la grenade, film que Sergueï Paradjanov consacra à Sayat-Nova en 1969, sans oublier celui de Kim Arzumanian en 1960.
Le récit de Fawaz Hussain est à la fois très vivant et imprégné d’émotion, au fil de ses découvertes en Arménie et en Géorgie. C’est un parcours étonnant que celui de ce barde du 18e siècle, d’abord éduqué dans un monastère, devenu ensuite tisserand, avant de jouer du kamancha dans plusieurs cours royales. Une malheureuse histoire d’amour mettra fin à son ascension. Tombé en disgrâce, il deviendra moine sous le nom de Stepanos. Ce qui reste mystérieux et enfoui dans un lointain passé ajoute à l’intensité de ce que l’auteur en exhume.
Fawaz Hussain est parti en Arménie et en Géorgie après le début de la guerre en Ukraine, ce qui confère à son récit une tonalité particulière. Le souci de rapprocher les cultures, de faire ressortir l’humain qui nous tisse, d’où que nous venions, traverse aussi ce livre. Il évoque le génocide arménien à travers l’histoire de Vartan, sauvé en plein massacre, grâce à une Bédouine de Deir-ez-Zor, alors qu’il était encore enfant. Fawaz Hussain est porté par le souci de garder vives les cultures et leurs littératures, de les partager pour une meilleure connaissance des uns et des autres. Tout en parlant de l’Arménie et de la Géorgie d’aujourd’hui, du froid d’une chambre d’hôtel en hiver, du repas cuisiné avec amour par ses hôtesses caucasiennes, il sait évoquer le Shah Nameh ou les amours de Majnoun et Leila, parentes de celles de Tristan et Yseult. Un livre captivant, préfacé par Gérard Chaliand.
Cécile Oumhani
(10/01/25)
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Lectures

Transboréal
(Janvier 2025)
284 pages - 10,90 €

Fawaz Hussain,
né au nord-est de la Syrie dans une famille kurde, arrive à Paris dans les années 80 afin de poursuivre des études de Lettres à la Sorbonne. Romancier, traducteur et chroniqueur, il est l’auteur d’une vingtaine de livres.
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ses précédents romans :
Un été en vrac
Un Kurde à Ithaque
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