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Arnaud DUDEK


Des chamallows au ketchup

Ce roman est joyeux et plein de vie tout en abordant des sujets graves. En cela il ressemble aux enfants et il saura les rassurer sur les interrogations qu’ils ne savent pas ou n’osent pas formuler. Mais cela se fait avec délicatesse et le message passe très bien.

Gustave, le narrateur et héros du roman, a pour ennemi Timéo, comme les trois quarts de l’école car il tire les cheveux des filles, insulte les garçons, leur fait des croche-pieds, répond aux instits. Bref, le gars super chiant… Alors, quand la directrice de l’école annonce aux enfants que Timéo a eu un accident grave et qu’il est dans le coma, toute la classe est choquée. Mais pour Gustave, Timéo reste le diable qu’il était avant l’accident, il refuse de le voir transformé en petit ange. Et Gustave se demande si ses mauvaises pensées ne font pas de lui un monstre.
« Je suis triste. Et je suis énervé d’être triste. Parce que ce qui me rend triste n’est pas un copain, mais Timéo. J’ai déjà souhaité qu’il déménage à l’autre bout du monde. J’ai déjà eu envie qu’il meure, par exemple le jour où il m’a traité de boloss, en sport, parce que je n’arrivais pas à attraper les balles de tennis qu’il me lançait, de vrais boulets de canon. »

Quand la mère de Gustave reçoit le message de la directrice l’informant de l’accident, elle se met à sangloter et Gustave doit la consoler. « Le monde à l’envers. » 

La directrice donne tous les jours des nouvelles de Timéo aux enfants. Un matin, l’institutrice explique que les médecins ont dû lui faire un massage cardiaque. Gustave comprend que ce n’est pas une bonne nouvelle et il estime que « dans un monde bien fait et pas tout mal fichu comme le nôtre, les enfants, même ceux qui vous traitent de Gustave-tête-de-betterave, eh bien ils ne devraient pas avoir le droit d’être dans cet état. Ni après un accident, ni à cause d’une maladie grave. » Il en fait un cauchemar la nuit suivante dans lequel Timéo est mort mais il le voit partout.

Quand son père lui annonce que son pote Franck, le baroudeur, le globe-trotteur vient quelques jours à Paris, Gustave est vraiment heureux. Franck est tout l’opposé de son père : pas de famille, beaucoup de voyages et des livres pour raconter ses voyages. « Franck, il a trop la classe. » Pour Gustave, Franck est un modèle, un homme libre qui mène la vie qu’il s’est choisie alors que ses parents sont hyper stressés, ne voient jamais personne. Mais Franck avoue qu’il prend des cachets parce qu’il dort mal, qu’il aurait aimé avoir des enfants et pense que ça n’arrivera pas.  Gustave comprend que « ce ne sont pas des pilules contre la liberté. Ça soigne le vide qui va avec. »

C’est à Franck que Gustave osera se confier. Est-ce normal de réagir comme il le fait, pourquoi les autres font autrement ? Et Franck saura trouver les mots d’une extrême sagesse pour aider Gustave à être lui-même, à oser être différent. « Ce qu’on te reproche, cultive-le. C’est toi. »

Les illustrations de Camille Royer, des dessins très simples en noir et blanc, ponctuent le roman au fil des émotions ressenties par Gustave.

Nadine Dutier 
(06/03/23)    



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Jeunesse






Arnaud DUDEK, Des chamallows au ketchup
Actes Sud Jeunesse

(Février 2023)
144 pages - 13,50





Arnaud Dudek

Bio-bibliographie
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