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COLLECTIF

Paul Fournel, Liberté sous contrainte


Si vous voulez revisiter l’œuvre de Paul Fournel lisez cet ouvrage où plusieurs voix amies et universitaires parlent de ses différents écrits. La fin de l’ouvrage nous donne à lire une nouvelle inédite d’Hervé Le Tellier qui a écrit L’autoportrait du personnage chez Paul Fournel  avec la même contrainte que dans le recueil collectif C’est un métier d’homme où chaque nouvelle a été écrite par différents écrivains oulipiens en reprenant à l’identique la structure de la nouvelle de Paul Fournel L’autoportrait du descendeur. Paul Fournel  nous offre aussi des poèmes inédits à paraître chez P.O.L. ainsi qu’Une initiative positive, nouvelle publiée dans la revue Brèves. Camille Bloomfield et Astrid Bouygues ont longuement interviewé Paul Fournel sur sa rencontre avec Raymond Queneau et François Le Lionnais et son entrée dans l’univers de l’Oulipo dont il est le président actuel.

« Romancier, éditeur, cycliste, passionné de marionnettes, "esclave de l’Oulipo" devenu président, "prosateur écrivant des poèmes", nouvelliste, homme de théâtre, chargé de cours à l’université, auteur de polars et de textes pour la jeunesse, directeur d’un centre régional des lettres, attaché culturel, Paul Fournel est un homme aux multiples facettes, polygraphe comme quelques autres de ses amis oulipiens » Voilà la présentation de Paul Fournel dans toute sa diversité par les trois coordonnateurs  de cet ouvrage.

La Vélobiographie, pour ce passionné de vélo, donne les dates importantes de sa vie à vélo. Alain Schaffner nous parle du Besoin de vélo, une maladie chronique ? : « Paul Fournel est, en effet, l’un des écrivains qui ont donné au sport une véritable dignité littéraire. » et Bertrand Tassou évoque Paul Fournel : un écrivain qui fait du vélo ou un cycliste qui écrit ? Plusieurs ouvrages tournent autour du vélo souvent des textes courts : « L’importance du vélo est telle pour Paul Fournel que c’est par ce biais-là qu’il choisit de se raconter... »
Paul Fournel a écrit sa thèse sur le Guignol lyonnais et a aussi été éditeur. Annie Saumont, grande nouvelliste, nous en parle avec émotion : « Paul, éditeur, a su aussi préserver chez ses auteurs le plaisir d’écrire. Merci. » Elle raconte comment Paul Fournel faisait lire ses auteurs, comment il les encourageait à écrire des textes courts et facilitait les rencontres entre écrivains.

Marcel Bénabou, membre de l’Oulipo, nous parle de Paul Fournel, oulipien de la deuxième génération, ce qui permet de retracer l’histoire de l’Oulipo. Jean-Noël Blanc fait Quelques incursions naïves dans l’écriture par fragments : « L’écriture par fragments propose une autre modernité : elle multiplie la vitesse de lecture, ou mieux les vitesses. Parce que la fragmentation du texte permet des temps forts, des temps faibles, des accélérations, des ralentissements. […] Il en va du roman par fragments comme du journal intime : les fins lecteurs voient bien que l’essentiel est dans ce que l’auteur n’a pas écrit, donc dans ce qu’il omet, oublie, ignore, tait. C’est là où il se montre et se révèle le mieux. Rien de plus bavard que ces silences. »

Nous sommes au cœur de la création littéraire puisque Paul Fournel nous explique comment il a écrit Chamboula, son roman avec une structure arborescente, texte à contrainte où finalement la contrainte s’efface pour laisser vivre le texte dans sa plénitude. Virginie Tahar analyse aussi Chamboula ou l’arbre à palabres : « L’aspect fragmentaire du récit n’est donc pas gratuit, il est le reflet d’un nouveau rapport au temps qui découle de la vélocité de notre époque. » 

Bernard Masné présente Banlieue un roman de Paul Fournel où seul le péritexte existe et Christophe Reig parle des Fragments amoureux d’un discours : titres et intertitres dans Un homme regarde une femme.
 Alain Romestaing révèle les liens entre le recueil de nouvelles Les grosses rêveuses et Foraine dans le chapitre Gros rêves de fêtes : éloge des appétits dans Les Grosses rêveuses et Foraine de Paul Fournel. « Le rêve est une forme d’action, une réaction de survie devant l’horreur du néant. »

Puis nous partons au Caire avec Marie-Noëlle Campana qui retrace le projet de Poil de Cairote  dans Paysages lointains, paysages du quotidien : « Paul Fournel explore une nouvelle statégie narrative, et donne la priorité au réel. […] Il faut toutefois se mêler aux populations qu’on rencontre, partager, sinon la langue, leur quotidien. Et le décrire, c’est une aventure de découverte. »

Rachel Calvin rappelle les voyages américains de Paul Fournel dans Brassage, bilinguisme, stéréoscopie : les voyages américains de Paul Fournel. Celui-ci a écrit des poèmes pendant cette période : « Le jeu entre la répétition et la différentiation (la découverte) constitue la structure du poème et offre ici une allégorie de l’expérience du voyage. »

Voilà un beau voyage dans l’œuvre de Paul Fournel avec des analyses variées et passionnantes qui permettent de plonger dans le chaudron de la création littéraire. Les différentes analyses des textes permettent d’approfondir notre perception de ces écrits.

Pour les passionnés de lecture et d’écriture, c’est un ouvrage très enrichissant qui donne envie de lire et de relire les livres de Paul Fournel. 

Brigitte Aubonnet 
(23/05/15)    



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Lectures








Presses
Sorbonne Nouvelle

208 pages - 21



Auteurs
Camille BLOOMFIELD
Alain ROMESTAING
Alain SCHAFFNER

Avec les contributions de
Paul FOURNEL
Annie SAUMONT
Marcel BENABOU
Jean-Noël BLANC
Virginie TAHAR
Christophe REIG
Bernard MAGNE
Alain SCHAFFNER
Bertrand TASSOU
Alain ROMESTAING
Marie-Noëlle CAMPANA
Rachel GALVIN
Hervé LE TELLIER
Camille BLOOMFIELD
Astrid BOUYGUES









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avec Paul Fournel


et
des articles concernant
certains de ses livres :

A la ville comme
la campagne


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Courbatures

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