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Magnifique hommage aux arbres, au parfum, à la reconnaissance des senteurs. Vive, une petite fille, est très contrariée par la mort du palmier de son jardin attaqué par des charançons. Elle regarde l’élagueur le couper et voit les charançons grouiller dans la grande bâche qu’il a posée sous le palmier. Vive à un grand frère Dan, un petit frère Aimé. Sa mère Annabelle est sensible aux peurs de Vive qui ne supporte pas de dormir seule dans sa chambre. Son père Marco est parfumeur. Il voyage beaucoup de par le monde. Quand il s’absente, Vive va dormir avec sa mère. Quand il revient, Vive trouve de nombreux stratagèmes pour dormir avec Jujube le chien ou avec l’un ou l’autre de ses frères. Cela énerve beaucoup Marco. Celui-ci aime parler des arbres, des fleurs, des fruits avec Vive. Il lui apporte de nombreux flacons avec différentes essences de parfum qu’elle doit reconnaître. Elle aime partager ses moments où son père teste ses capacités olfactives. Le passage sur la cannelle et le temps mis par Vive pour retrouver le nom correspondant à l’odeur, qu’elle a reconnue mais n’arrive pas à nommer immédiatement, est admirable. Toutes les stratégies qu’elle met en place pour retrouver le terme exact sont passionnantes. « Elle cherche en elle le tiroir à épices, passe en revue les pots, paupières closes. Les vertes, thym, romarin, aneth, origan. Les rouges, piment, paprika, les baies roses. Les noires ? Poivre noir. Les jaunes et les orange : curry, cumin, quatre-épices… et s’écrie délivrée : « Marco dit que l’œil humain peut identifier plus de sept millions de couleurs, c’est beaucoup. Et les narines humaines mille milliards d’odeurs, ce qui est encore davantage. Alors pourquoi ne parviennent-ils pas à reconnaître l’orange, le citron, la vanille qui sont si familiers ? Nous apprenons beaucoup sur le lien entre une odeur et son image, sur les différentes étapes de la confection d’un parfum. Nous découvrons comme Vive les termes techniques et scientifiques. Elle les note tous dans un carnet. Peu à peu, le voile se lève sur l’origine des peurs de Vive, sur son lien avec ce palmier qui a joué un rôle essentiel pour elle mais a dû être coupé. Elle a beaucoup de mal à accepter cette disparation. Nous le comprendrons à la fin du roman qui est de toute beauté pour exprimer la difficulté de Vive pour trouver les mots exacts qui parle de son traumatisme, elle qui sur son carnet note les mots nouveaux, le nom des arbres, des plantes, des parfums… avec beaucoup de précision. L’écriture de Valentine Goby est magnifique, avec de courts chapitres très variés et très agréables à lire, pour nous permettre de ressentir les émotions, le rôle des non-dits, des oublis et de leurs conséquences au quotidien. S’exprimer avec le mot exact est essentiel et Valentine Goby y parvient parfaitement. Le palmier est beaucoup plus qu’un palmier pour Vive. Les arbres et la nature sont essentiels à toute vie et ce roman l’exprime avec une très grande délicatesse. Brigitte Aubonnet (06/10/25) |
Sommaire Lectures ![]() Actes Sud (Août 2025) 336 pages – 22 €
Wikipédia Découvrir sur notre site d'autres romans de Valentine Goby : Qui touche à mon corps je le tue Des corps en silence Banquises Kinderzimmer La fille surexpoée Un paquebot dans les arbres « Je me promets d’éclatantes revanches » Murène Pour la jeunesse : Le voyage immobile La porte rouge |
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