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« […] comme tu aimes à penser que tu n’as pas vécu. Que faut-il comprendre ? Que tu n’as pas bien vécu ou pire que tu as raté ta vie, ainsi la phrase aurait sens, mais là, je n’ai pas vécu, oui, que faut-il entendre ? » Forcément, cet homme réalise le bilan de sa vie, il venait voir très peu sa mère avant son décès, il a été licencié de façon très brutale ce qui a déclenché une dépression, il n’a jamais pris l’avion ce qui joue un rôle important dans le roman car des avions passent régulièrement au-dessus de la maison et il imagine un passager qui l’observe à travers le hublot. Il imagine aussi ce que peuvent souhaiter tous ces passagers à vouloir ainsi partir ailleurs, lui qui n’a jamais fait cela. Il se retrouve seul dans cette maison qu’il souhaite vider et il veut aussi nettoyer le jardin. Angélique Mawolè, originaire de Ganvié au Bénin, vient l’aider pour ranger et vider la maison et un homme qu’il appelle « Marcellin Desboutin » nettoie le jardin. « Effectivement, dès le lendemain on toque à la porte et Marcellin Desboutin se présente – il ne s’appelle pas ainsi, bien sûr, et ne ressemble en rien au modèle d’Edgar Degas, plus âgé, moins rondouillard, mais tu sens que tu ne pourras le nommer autrement – et propose ses services, arguant qu’il connaît le jardin pour y avoir travaillé autrefois, du temps de ton père. » Des liens se créent entre le narrateur, qui au début recherchait la solitude, et les deux personnes qu’il a embauchées. Angélique l’aide aussi à se poser des questions sur sa vie et Marcellin a des attaches avec son passé puisqu’il a connu ses parents avant sa naissance. Un évènement tout à fait étonnant mais qui pourrait avoir lieu se réalise dans son jardin. À travers les propos du narrateur et le récit d’Angélique la problématique des jeunes hommes qui partent d’Afrique pour un avenir meilleur, ne reviennent jamais dans leur pays et ne donnent plus de nouvelles à leur famille est un sujet évoqué. C’est très douloureux pour tous ces parents qui attendent désespérément un signe de leur fils, neveu, mari, père… C’est un roman très bien construit qui nous mène à réfléchir sur la vie, les rapports avec la nature, les problèmes environnant, le rôle des relations humaines, les liens que nous tissons chacune et chacun avec notre passé. Il traduit bien les angoisses du narrateur qui parvient tout de même à une certaine sérénité. L’écriture est enveloppante, apaisée et poétique. C’est un moment de lecture très enrichissant. Brigitte Aubonnet (28/09/26) |
Sommaire Lectures ![]() Bérénice (Juillet 2026) 172 pages - 17 € ![]() Site de l'auteur : www.jfpiquet.com Découvrir sur notre site d'autres livres du même auteur : Que fait-on du monde ? Portraits soignés Qui d'autre ? Cité Funambule Dans les pas de l'autre Vers la mer Écrits en marge |
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