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Jo NESBØ

Un loup dans la ville

En compagnie d’Harry Hole, héros récurrent de Nesbø, flic dans de nombreuses enquêtes qu’il a menées à Oslo, on avait l’impression de connaître la capitale de la Norvège comme sa poche.

Dans Un loup dans la ville, Nesbø nous entraîne loin de la Norvège, aux USA et cartographie pour nous Minneapolis, avec la même minutie : noms de rues, de quartiers dont l’aspect reflète le niveau social de ceux qui y vivent ou y survivent. Point d’Harry Hole non plus, mais Bob Oz, son double américain, surveillé par ses supérieurs pour son alcoolisme, son instabilité, sa violence. Il est comme son frère littéraire, amoureux désespéré d’une femme qui ne veut plus de lui et traîne son blues dans des bars où quelquefois une barmaid compatissante le réconforte.

Bob Oz est à la recherche de Toma Gomez dit El Lobo, ex trafiquant de drogue sanguinaire, qui après avoir vu sa famille décimée dans un règlement de comptes entre narco-trafiquants, semble vouloir se faire justice en tirant, sniper se cachant peu, sur tous ceux, de près ou de loin qui sont pro-armes : vendeurs licites ou pas, trafiquants à la gâchette facile, flics ripoux, hommes politiques prônant le port d’armes.

Comme d’habitude dans les polars, et Nesbø y est passé maître, l’atmosphère des lieux compte énormément. Ici la ville de Minneapolis, célèbre pour sa violence, est rendue encore plus électrique par la tenue prochaine d’un grand meeting de militants contre les lois restrictives sur les armes à feu, les adeptes de « plus d’armes, moins de crimes ». Nesbø est passé maître aussi dans l’art des faux-semblants, des ressemblances d’un personnage à un autre, ici le même drame d’un enfant tué, paradoxalement, le même dégoût des armes, d’ailleurs Bob Oz n’en porte pas et passe pour un lâche aux yeux de ses collègues, et dans l’écriture, le glissement difficilement perceptible d’un personnage à un autre.

Le roman est divisé en très courts chapitres, un écrivain, miroir de Nesbø, écrivant l’histoire que nous lisons, se défend d’ailleurs auprès de Bob Oz, à la fin du roman, d’écrire « une apologie de la vengeance et de la violence » mais plutôt, par le biais de la fiction « plus vraie que les faits » « raconter une histoire sur ce qui transforme les bonnes personnes en monstres », en tout cas un plaidoyer contre les armes à feu.

Sylvie Lansade 
(03/11/26)    



Un loup dans la ville
a aussi paru
dans la collection
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Lu par Théo Frilet et Mathurin Voltz
12 heures d’écoute - 18,99 €


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Noir & polar






Gallimard / Série Noire

(Octobre 2026)
464 pages - 21 €

Version numérique
14,99 €

Traduit du norvégien par
Alain Gnaedig




Jo Nesbø

Bio-bibliographie sur
Wikipédia



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